Conjoncture : Un Marché de l'Ancien en Expansion, Mais Jusqu'à Quand ?
Le marché de l'immobilier ancien connaît un regain d'activité notable, une dynamique qui interroge quant à sa durabilité face à un environnement macroéconomique et financier de plus en plus contraint. La question de la pérennité de cette reprise se pose avec acuité, d'autant que le risque d'une rechute, bien que mineur, n'est pas écarté.
Un Retournement Spectaculaire des Ventes
Après une longue période d'instabilité marquée par des déséquilibres persistants et une forte incertitude, le marché a montré des signes de résilience. Les ventes de logements anciens ont confirmé le retournement de la conjoncture, avec une croissance du volume des transactions qui s'est accélérée, notamment au rythme des prix. Cependant, cette embellie est tempérée par des facteurs externes.
La France, en dépit d’une croissance modérée de son PIB, s'est maintenue en zone positive. L'activité s'est maintenue jusqu'en avril 2024, marquant un point haut avant l'anticipation du point bas de la récession au deuxième trimestre 2024. Malgré l'incertitude, on observe une remontée des ventes remarquables dans l'ancien. Selon l'Observatoire LPI, les prix moyens de l'ancien ont atteint leur point bas entre août 2022 et janvier 2024, puis ont augmenté modérément. Le volume des ventes a également rebondi, avec une progression de 7,2 % sur six mois et une prévision de croissance annuelle autour de 7 à 8 % en 2025.
Des Conditions Financières Moins Favorables
Cependant, l'horizon n'est pas totalement dégagé. Le prix du crédit et le contexte politico-économique incertain pèsent sur la confiance des acquéreurs et des investisseurs. L'Observatoire Crédit Logement/CSA indique que le taux moyen des crédits immobiliers (hors assurance) a atteint 3,67 % sur l'année glissante d'avril 2023 à avril 2024, après un pic de 4,26 % fin 2023.
La persistance de l'inflation et le maintien des taux directeurs par la Banque Centrale Européenne (BCE) renforcent les contraintes. Le resserrement des conditions d'octroi de crédit, la hausse des prix des primes d'assurance emprunteur, et le risque de « fragmentation » des emprunteurs menacent de freiner la dynamique.
Quel Avenir pour le Marché ?
Les perspectives s'assombrissent légèrement pour la fin de 2025. L'économiste Michel Mouillart anticipe un ralentissement de l'activité. Après une croissance des ventes qui pourrait atteindre 7 à 8 % en 2025, il est probable que cette progression ne dépasse pas 7 à 8 % finalement. L'Observatoire LPI, pour sa part, souligne que le niveau des ventes pourrait rester 20 % inférieur à la moyenne historique des 12 derniers mois.
Dans ce contexte, la poursuite de la reprise dépendra fortement du retour de la confiance des investisseurs et d'une stabilisation durable des taux. Si le marché de l'ancien se montre résilient, il est clair qu'il navigue dans une période d'ajustement où les facteurs économiques et financiers continuent d'exercer une forte pression sur l'offre et la demande.